Mise à jour : 8 avril 2026
L’essentiel à retenir sur l’EPR de Flamanville :
- L’EPR de Flamanville, ou Flamanville 3, est le réacteur nucléaire de nouvelle génération construit par EDF dans la Manche. EDF le présente encore comme en cours de démarrage.
- L’ASN a autorisé les opérations de divergence le 2 septembre 2024.
- Le réacteur a été connecté au réseau le 21 décembre 2024.
- EDF a annoncé l’atteinte de 100 % de puissance thermique le 14 décembre 2025.
- En 2026, Flamanville 3 poursuit encore des essais de démarrage, avec des tests à pleine puissance et des actualités d’exploitation et de sûreté publiées par EDF et l’ASNR.
L'EPR de Flamanville, aussi appelé Flamanville 3, reste l'un des projets nucléaires les plus suivis en France. Après des années de retards, des surcoûts et d'aléas techniques, le réacteur a franchi plusieurs étapes majeures depuis 2024. Voici où en est réellement le chantier devenu centrale en phase de démarrage.
Qu’est-ce que l’EPR de Flamanville ?
L’EPR de Flamanville est le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Flamanville. Il s’agit d’un réacteur nucléaire de troisième génération développé par EDF et Framatome, avec une puissance affichée par EDF autour de 1 600 MWe.
Situé dans la Manche, ce projet est devenu emblématique en raison de ses nombreux retards, de ses surcoûts et des difficultés techniques rencontrées avant son démarrage effectif.
Où en est l'EPR de Flamanville aujourd'hui ?
L’EPR de Flamanville n’est plus au stade d’un simple chantier, mais il n’est pas encore dans une phase d’exploitation totalement stabilisée. En avril 2026, EDF continue de parler d’un réacteur en cours de démarrage, avec des essais encore en cours.
Ces dernières étapes-clés permettent de mieux comprendre la situation actuelle :
- 2 septembre 2024 : autorisation de divergence, c’est-à-dire le lancement des opérations permettant d’initier la réaction nucléaire.
- 21 décembre 2024 : première connexion de Flamanville 3 au réseau électrique national.
- 14 décembre 2025 : atteinte de 100 % de puissance thermique, avec une production brute annoncée de 1 669 MW par EDF.
- mars-avril 2026 : poursuite des essais à pleine puissance, test d’îlotage, actualités de maintenance et événements de sûreté déclarés.
Autrement dit, l’EPR de Flamanville a bien franchi des étapes historiques, mais il reste encore dans une phase de montée en régime et de validation en conditions réelles.
Pourquoi parle-t-on encore d'un démarrage compliqué ?
Le terme de “démarrage compliqué” reste pertinent, même si la situation a évolué depuis 2024, car Flamanville 3 a accumulé pendant des années des retards industriels, réglementaires et techniques. Ce n’est pas seulement un projet long : c’est un projet qui a profondément marqué le débat sur la capacité de la filière nucléaire française à livrer un réacteur de nouvelle génération dans les délais prévus.
👍 Bon à savoir
Selon la définition de l’IRSN, la divergence nucléaire est le démarrage du processus de réaction nucléaire en chaîne dans un réacteur nucléaire. Cette opération consiste à déclencher la réaction en chaîne de fission nucléaire à très faible puissance pour s’assurer de son bon fonctionnement. En somme, la divergence d’un réacteur nucléaire est réalisée en levant les barres de contrôle.
Depuis son démarrage effectif, le réacteur a aussi connu plusieurs séquences d’essais, déconnexions programmées ou automatiques, événements d’exploitation et déclarations de sûreté. Par exemple :
- EDF a communiqué en mars 2026 sur une déconnexion du réseau à la suite d’un déclenchement automatique des protections de turbine, avec une baisse de puissance à 20 %.
- EDF a également mené fin mars 2026 un test d’îlotage à pleine puissance, présenté comme un essai majeur.
- L’ASNR a publié en avril 2026 un événement significatif lié à l’indisponibilité simultanée de deux groupes électrogènes de secours pendant 36 minutes.
Ces éléments ne signifient pas que le réacteur ne produit pas, mais qu’il est encore dans une phase très encadrée d’essais, de montée en charge et de contrôle.
Chronologie de l'EPR de Flamanville
Pour bien comprendre le sujet, il est utile d’avoir une vision synthétique de la chronologie récente :
- 8 mai 2024 : chargement du combustible dans la cuve du réacteur.
- 2 septembre 2024 : feu vert de l’ASN pour la divergence.
- 21 décembre 2024 : première connexion au réseau électrique national.
- février 2026 : EDF indique dans ses résultats annuels que Flamanville 3 a atteint 100 % de puissance.
- mars 2026 : poursuite des essais à pleine puissance et préparation du premier arrêt du réacteur.
- 27 mars 2026 : test d’îlotage à pleine puissance.
- 8 avril 2026 : publication par l’ASNR d’un avis d’incident lié aux diesels de secours.
Quel impact l’EPR de Flamanville peut-il avoir sur le système électrique français ?
L’EPR de Flamanville représente un enjeu important pour la production nucléaire française, car il ajoute à terme une capacité significative au parc existant. EDF met en avant une puissance de l’ordre de 1 600 MWe pour Flamanville 3.
Dans les faits, tant que le réacteur reste en phase de démarrage, son apport doit être lu avec prudence : il peut produire, mais il continue aussi de traverser des séquences d’essais, d’ajustements et d’arrêts techniques. C’est pourquoi son effet sur la disponibilité du parc doit être apprécié dans le temps long, et non sur une seule annonce ponctuelle.
Pourquoi l'EPR de Flamanville reste un sujet stratégique ?
L’EPR de Flamanville est stratégique pour au moins trois raisons :
- industrielle : il sert de référence pour la crédibilité de la filière nucléaire française ;
- énergétique : il doit contribuer à la production d’électricité bas carbone en France ;
- politique et économique : son historique de retards et de coûts influence les débats sur les futurs réacteurs EPR2.
Il ne s’agit donc pas seulement d’un réacteur de plus : c’est un projet vitrine, observé à la fois par les acteurs de l’énergie, les pouvoirs publics, les industriels et les marchés.
📝 À noter
Malgré des retards conséquents et les difficultés techniques du démarrage, le réacteur EPR de Flamanville reste un projet stratégique pour EDF. Il servira de référence pour les futurs réacteurs EPR que la France compte déployer, tout en jouant un rôle crucial de vitrine technologique pour EDF, qui ambitionne de conquérir de nouveaux marchés à l’international. EDF compte sur cette infrastructure pour renforcer sa crédibilité sur la scène internationale, où la compétition pour la construction de centrales nucléaires est de plus en plus intense.



